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La Gestion du Foncier -- Les conflits entre agriculteurs
et éleveurs
Contribution du Directeur de la Communication et de la Presse du
Ministère des Ressources Animales dans JJ n° 573 du 12 au 18 septembre 2003
relative aux articles n° 568 du 8 au 13 août et n° 569 du 14 au 21 août
2003
Conflits agriculteurs-éleveurs Du blues infernal à la loi sur le
pastoralisme
Le dossier de la rédaction de JJ intitulé: «Conflits agriculteurs-éléveurs le
blues infernale» paru dans les numéros 568 et 569 à la nous a donné
de l'appétit à la lecture. Nous nous en somme abreuvés comme du lait
de Peulh… pardon, nous nous en sommes régalés jusque dans les limites du blues à
la symphonie inachevée qui rythme maintenant depuis des décennies le train-train
infernal de ces agriculteurs et éleveurs historiquement unis pourtant sous ce
soleil de savane, par une communauté de destin, très imagée, la titraille du
dossier, en même temps qu'elle nous présente la profondeur de la plaie déjà
béante dan laquelle agriculteurs et éleveurs se plaisent à tourner et retourner
le coutelas, rappelle aussi que ce conflit entre les deux parties est aussi
vieux que la terre qu'elle se disputent. Voilà pourquoi d'ailleurs nous joignons
notre voix à la vôtre pour répéter avec vous qu'il « est urgent de trouver une
réponse politique à ce problème récurrent».
Très informative, cette série d'articles nous a fait voir et savoir jusqu'à
quel point l'espèce humaine est dominée par son propre sentiment.
Notre écrit se veut d'ajouter du bois au bois», c'est-à-dire donner davantage
de lumière aux lecteurs de JJ. C'est une contribution confraternelle. Ce papier
n'est ni un droit de réponse ni un droit de réplique. Au contraire! Voyez-vous,
ces conflits mortels se sont inscrits en définitive dans un cycle infernal où,
malheureusement, les agriculteurs et les éleveurs, eux-mêmes, n'arrivent plus à
échapper aux entraînements de leur passion. Or, comme l'a déploré Gustave le Bon
dans son ouvrage Hier et demain ,dès qu'un sentiment s'exagère, la faculté de
raisonner disparaît» .
Agriculteurs et éleveurs réclament depuis la nuit des temps la m^me terre au
nom de la passion: leur raison d'être, c'est-à-dire leur raison de vivre. Aussi
s'estiment-ils en droit de se charger eux-mêmes de régler les comptes et de
déterminer là ou commencent et finissent les limites territoriales de leur
patrimoine naturel. La question est délicate. Voilà toutes les difficultés
doublées de nombreuses inquiétudes, somme toute légitimes, bâties sur du droit
pur. Et cela les autorités politiques le savent. Seulement le chemin de la
raison et la paix des cœurs exigent de la méthode et leur imposent la
connaissance des lieux et des antagonistes. Non pas, comme l'a relevé JJ,» que
les pouvoirs publics semblent impuissants, voire passifs, face à ces
évènements…», c'est plutôt leur responsabilité qui est grande parce qu'ils sont
tenus, pour l'histoire, de faire à la fois appel à la raison et à la justice des
hommes pour leur caractère coercitif.
Il s'agit, croyons-nous, ici, d'éviter d'emprunter des chemins de
recommencement sur lesquels sont étalés, épars, les, nombreux textes législatifs
et réglementaires inadaptés en matière d'élevage et de gestion des activités
pastorales. Il s'impose donc, lit-on dans l'exposé des motifs relatifs au projet
de loi d'orientation sur la pastoralisme,‘'de combler cette lacune par un
instrument juridique souple et adapté au contexte et à l'évolution de l'élevage,
du pastoralisme foncier naturelles''. L'Etat est donc en train'' de trouver une
réponse politique'' à ce problème.
C'est vrai, le temps presse. Mais le processus d'élaboration et de mise en
œuvre d'un bien-être social des populations, s'il est activement soutenu par une
observance rigoureuse de l'esprit de justice, pourrait être plus fort sur ceux
qui sont victimes des excès de leur propre logique. Symbole réunificateur, le
gouvernement a une fermeté de pensée qui accompagne toujours la fermeté
d'action.
D'ailleurs, que dit le projet de loi d'orientation sur le
pastoralisme au Burkina?
La future loi d'orientation sur le pastoralisme
Le projet de loi d'orientation sur le pastoralisme est un document de
quatre-vingt-onze (91) articles regroupés en cinq (05) chapitres. Le ministère
des ressources animales (MRA) s'apprête à l'introduire à l'Assemblée nationale
pour adoption. Mais auparavant, le document est d'abord passé, le 10 juillet
2002, en Conseil des ministres en tant qu'avant-projet de loi. Le projet de loi
est un complément, du moins une synthèse harmonieuse, des textes d'orientation
sur la décentralisation, de la loi sur la réorganisation agraire et foncière
(RAF), c'est un document qui définit les responsabilités et les devoirs des
pouvoirs publics ainsi que les droits et les obligations des producteurs.
Le projet ‘'déplacement sécurisé et non conflictuel des animaux''.
On y lit aussi que l'espace pastoral est organisé en deux (02) régimes
juridiques:'' les espaces affectés et les espaces ouverts à la pâture des
animaux''. Les droits des éleveurs, les principes, les modalités d'accès et
d'exploitation des ressources naturelles sont désormais définis par ces régimes
juridiques.
Il y a aussi le chapitre des règlements de litiges qui vise à obliger les
parties en conflit à éviter de se faire justice elles-mêmes (en cas de conflit
elles devront se porter d'abord devant une commission de conciliation
créée à ce effet). Pour les dispositions pénales, le projet de loi ne
prévoit que des contraventions et des délits. Quant aux sanctions, elles sont
prononcées en fonction, d'une part, ‘'de la'' constatation des infractions et
des poursuites'' et, d'autre part,'' des infractions et des sanctions et des
poursuites'' et, d'autre part, des infractions et des sanctions qui leur sont
applicables''. Il y a aussi des amendes qui vont de mille (1 000) francs CFA à 1
million (1 000 000) de francs CFA assorties des peines d'emprisonnement
comprises, conformément au code pénal, entre onze (11) jours et quatre (04) ans.
Idrissa NOGO
D.C.P.M / Ministère des Ressources Animales
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