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La Transhumance Transfrontalière -- Plan d'action pour le sauvetage du bétail dans le cadre de la transhumance transfrontalière entre le Burkina Faso et la République du Niger
( Campagne 2002-2003 )

(Retour à la Transhumance Transfrontalière)

Sommaire

1. Contexte et justification
2. Objectifs
3. Stratégie


1. Contexte et justification

L'élevage occupe  une place importante dans l'économie du Burkina Faso et de la République du Niger. Cependant, ce secteur est confronté à de multiples contraintes d'ordre alimentaire et sanitaire.

Pour lever ces contraintes, les deux Etats ont procédé à des réformes institutionnelles et adopté des plans d'actions et des programmes.

1.1 Situation de la campagne agro-pastorale 2002-2003

La campagne agro-pastorale 2002-2003 a été marquée dans les deux pays par un déficit fourrager et hydrique important. Le tapis herbacé est resté bas et les mares n'ont retenu qu'une faible quantité d'eau. Le déficit fourrager enregistré est évalué à 370 000 t de matières sèches dans les régions de Tilabéri et Dosso en République du Niger et 250 000 t de matières sèches dans les régions du Sahel et du Nord au Burkina Faso. Ce déficit représente les besoins de 272 50 bovins ou 1 453 000 petits ruminants au Niger et 187 500 bovins ou 1 000 000 de petits ruminants au Burkina Faso.

1.2. Justification du plan d'urgence 

La crise alimentaire (eau et fourrage) qui se profile à l'horizon dans les régions concernées va engendrer :

  • des départs précoces et massifs en transhumance ;
  • une concentration autour des points d'eau avec des risques ;
  • de conflits entre agriculteurs-éleveurs et éleveurs-éleveurs  notamment ;
  • de dégradation de l'environnement ;
  • de propagation de maladies ;
  • une baisse des productions animales (lait et viande).

Si aucune action d'urgence n'est entreprise, les populations des deux pays seront confrontées à une grave crise économique et sociale du fait d'une forte mortalité du bétail.

Pour faire face à cette situation, le Burkina Faso et la République du Niger ont conçu élaboré et mis en œuvre des plans d'intervention pour le sauvetage du bétail. En plus des mesures spécifiques propres à chaque pays, des mesures communes sont envisagées dans le cadre de la transhumance transfrontalière entre les deux Etats. Ces mesures font l'objet du présent document qui s'articulent autour des points ci-dessous.

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2. Objectif

Atténuer les conséquences du déficit fourrager et hydrique en vue du sauvetage du cheptel.

[Haut]

3.  Stratégie

La stratégie consiste à mettre en œuvre en plus des mesures spécifiques à chaque Etat, un certain nombre de mesures communes pour assurer le sauvetage du cheptel, à savoir :

  • identifier les zones d'accueil de transhumance ;
  • inventorier les points d'eau existants dans les zones d'accueil de transhumance ;
  • informer et sensibiliser les éleveurs avant les départs en transhumance sur la conduite à tenir (respect des lois et règlements en vigueur) dans le pays d'accueil par :
    • la voie des médias ;
    • la voie des structures de terrains
    • l'organisation de tournées dans les zones concernées par les crises ;
    • l'implication et la responsabilisation des organisations et /ou des Associations d'Eleveurs, et tous les acteurs concernés ;
  • prendre des dispositions appropriées pour sécuriser les éleveurs en transhumance et pour bannir les tracasseries administratives par l'intermédiaire des autorités compétentes ;
  • identifier des aires de repos le long des axes de transhumance ;
  • faire bénéficier aux éleveurs transhumants les avantages que procurent les plans nationaux de sauvetage du bétail dans les pays d'accueil ;
  • harmoniser les efforts de part et d'autre en vue de faciliter l'accès au Certificat International de Transhumance (C.I.T) et respecter les protocoles sanitaires ;
  • faciliter l'accès aux points d'eau pour assurer l'abreuvement des troupeaux transhumants dans les conditions satisfaisantes ;
  • évaluer dès février les besoins réels en sous produits agro-industriels (S.P.A.I) afin d'appuyer efficacement les régions concernées par le déficit ;
  • mettre en place des circuits de distribution d'intrants zootechniques en fonction des besoins ;
  • faciliter l'accès des éleveurs transhumants aux banques d'intrants zootechniques mises en place et aux soins vétérinaires dans les deux pays ;
  • constituer des stocks de fourrage à partir des zones excédentaires afin de les transférer vers les zones déficitaires ;
  • rechercher des débouchés stables et rémunérateurs pour favoriser la commercialisation des animaux ;
  • engager les procédures d'adoption des documents (convention zoo-sanitaire et protocole d'accord sur la transhumance transfrontalière) entre les deux Etats.

Fait à Tilabéri, le 26 janvier 2003

Pour le Gouvernement du Burkina Faso

Alphonse D. BONOU

Ministre des Ressources Animales

Pour le Gouvernement de la République du Niger

Koroney MAOUDE

Ministre des Ressources Animales

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