Le Ministre des Ressources Animales à Ouahigouya

mra ouahigouya

  Le ministre des Ressources animales, Jean-Paul Rouamba, a rencontré, le 28 mars 2015 à Ouahigouya, les acteurs du monde de l'élevage dans la région du Nord. Il s'est agi de recueillir leurs préoccupations et de leur livrer un message du gouvernement de la Transition.

 Le face à face entre le premier responsable du département des Ressources animales, Jean-Paul Rouamba, et les acteurs des différentes filières de l'élevage du septentrion burkinabè a duré trois heures d'horloge. Un temps au cours duquel les deux parties ont, à travers des échanges francs et directs, diagnostiquer l'état de santé du secteur de l'élevage dans la région. La porte-parole de la filière viande et bétail, Rasmata Ouédraogo, a indiqué que l'élevage, bien que contribuant pour 18% au Produit intérieur brut (PIB), rencontre d'énormes difficultés qui entravent son développement. Les problèmes d'eau pour abreuver les bêtes, les nombreuses pathologies du cheptel, le manque d'aliments pour bétail, d'aires de pâturage et des pistes à bétail, sont entre autres, les maux relevés par Mme Ouédraogo. C'est pourquoi, elle a plaidé pour le renforcement des parcs de vaccination, la formation des éleveurs ainsi que leur accès aux crédits pour pallier certaines difficultés. En réponse, le ministre et ses collaborateurs ont rassuré que des mesures sont en train d'être prises dans ce sens. Le ministre Rouamba a renchéri en précisant que cette année, son département compte mettre à la disposition des producteurs de toutes les régions des sous-produits agroindustriels ainsi que du matériel tels que des charrettes, des botteleuses, etc. Toutefois, il a exhorté les producteurs à mieux s'organiser sur le terrain en vue de bénéficier de cet accompagnement.

La question de l'abattoir de Ouahigouya qui serait dans un état de délabrement a été l'une des préoccupations-phares de nombre d'intervenants. A ces inquiétudes, les responsables du ministère ont avancé que la gestion des abattoirs incombe aux communes et qu'il faut s'en référer pour leur réfection. Les acteurs de la filière volaille se sont inquiétés du fait que malgré les vaccinations, ils constatent toujours la mort de certains poulets. Comme il fallait s'y attendre, ils en ont profité pour demander des éclaircissements sur la suspicion de grippe aviaire qui est d'actualité au Burkina. A ce sujet, l'équipe du ministère a expliqué que suite à une forte mortalité de volaille enregistrée dans des localités du Centre et du Centre-Ouest, des prélèvements ont été faits et envoyés dans un laboratoire en Italie pour des analyses. Ce sont les résultats de ces analyses, de leur avis, qui confirmeront ou infirmeront la suspicion. Mais déjà le ministre a recommandé la prudence afin que l'épizootie ne se propage pas en cas de confirmation. Les éleveurs ont en outre été exhortés à faire toujours recours aux services vétérinaires pour les soins de leurs animaux. Les transformateurs des produits de l'élevage, eux, ont souhaité avoir un équipement en matériel et surtout un renforcement des capacités pour plus de professionnalisme. L'occasion faisant le larron, le ministre Rouamba a décliné à l'assistance la vision du gouvernement de la Transition et demandé l'accompagnement de tous. Tout en indiquant que l'année de transition est assez difficile du point de vue des ressources financières, il a promis que son département soutiendra les producteurs avec le peu de moyens dont il dispose. L'initiative du ministre a été saluée par l'ensemble des acteurs ainsi que les autorités régionales. A la suite des producteurs, c'est le personnel des services déconcentrés du ministère qui s'est entretenu avec la délégation.

Mady KABRE